"j'aime me concentrer sur - Nana Mouskouri -
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ArticlesDrôle de Nana / Le jardin secret de Nana Mouskouri >French -Drôle de NanaDrôle de Nana que cette Mouskouri-là!Š Combien d'années qu'elle tient la scène, combien de fois millionnaire en disques, et pas en France seulement s'il vous plaît, mais dans le monde entier! Pour tout arranger, des lunettes, ce qui ne s'était presque jamais vu sur scène, une jolie voix, mais enfin on en a entendu d'autres. Une présence qui confine à l'effacement, rien des tics de l'idole et aucune concession au star system, une vie toute droite. Alors quoi? On dit de Nana qu'elle est toute simple, mais la suprême habileté ne réside-t-elle pas parfois dans la sincérité? Sincérité, il faut bien croire que là alors est le secret. Nana est authentique et le public, son vaste public et les autres aussi, l'ont bien compris. Qu'elle passe sur scène et voici la salle emplie de familles entières: les enfants l'adorent, les parents l'apprécient et il n'est pas jusqu'aux adolescents imprégnés de "pop" qui ne lui reconnaissent du talent. C'est un miracle pour lequel elle ne semblait nullement préparée, qu'elle n'a rien fait apparemment pour accomplir, et c'est peut-être là sa vraie force. Mais enfin rien n'est jamais aussi simple, et il faut bien dire qu'avant de devenir ce qu'elle est - et qu'elle sera pour un bout de temps encore - Nana Mouskouri a beaucoup, beaucoup travaillé. Si elle a été admise aux Etats-Unis, le test entre tous du succès, c'est qu'à force de travail elle était devenue une professionnelle. Pendant longtemps en France ce mot résonnait comme une offense, tout devait être dans le naturel, dans la spontanéité, le reste allant de soi. Allons donc! Les dons les plus précieux demeurent comme terre en jachère [fields without crop] si ne se greffent dessus la longue patience et le travail d'où naît le métier. "Moi je chante comme je suis", répliqua-t-elle à ses tout débuts à Athènes à son premier imprésario qui voulait lui ôter ses lunettes. C'est un mot de rien, mais qui va loin. Et elle ajoute maintenant avec une modestie même pas feinte: " Le public pensait: elle est grosse, elle n'est pas belle, elle a des lunettes, mais elle chante bien. J'avais réussi ce que je voulais, être aimée pour moi-même." Peut-être fut-elle "grosse et pas belle", mais alors , là encore, quels progrès!Š La force de Nana Mouskouri est de n'avoir jamais été en fait un "produit" que l'on lance comme un savon-bulle éphémère, mais un solide bout de femme qui, sans y croire réellement, savait au moins ce qu'elle voulait. Si la réussite suivait on tenterait de la précéder, et siŠ eh bien! On n'en mourrait pas. A Athènes, au sein d'une famille aimante et unie, le soleil brille pour tous et le ciel affiche un bleu aux couleurs d'éternité. Voilà qui aide déjà à vivre, n'est-ce pas? La "Mouskouri" comme la "Mercouri" [Melina Mercouri] nous ont appris en quelque dix ans et plus ce que valent ces Athéniennes dont les ancêtres peuplaient l'Olympe de tumulte et de fureur. Redescendons sur terre, elles sont telles qu'en elles-mêmes une longue histoire les a faites, et peut-être les aimons-nous plus d'être filles de "notre mère la Grèce". Ce "Numéro Un" - ce n'est certes pas toujours le cas - méritera son chiffre: une et indivisible. Nana nous revient intacte et, mieux encore, l'ovale du visage soutenu par ce sourire qui lui conquiert les coeurs! |